Autour de la crise de la recherche en Afrique francophone
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Cet article analyse la crise de la recherche pour le développement en Afrique subsaharienne francophone depuis l’indépendance. Il définit cette crise comme un déséquilibre structurel persistant qui empêche la recherche de répondre aux besoins du développement et s’appuie sur une analyse critique de la littérature scientifique. Il montre qu’au départ, dans les années 1960 et 1970, l’espoir de renforcer les capacités de recherche et de formation prévalait, malgré des difficultés considérées comme des problèmes de jeunesse.
À partir des années 1980 et 1990, ces défis se sont transformés en une crise: sous-financement, déclin des universités, dépendance vis-à-vis de l’extérieur, isolement des chercheurs, manque de volonté politique, marginalisation des sciences sociales et difficultés à s’adapter aux changements économiques et politiques. Les problèmes semblent structurels et persistants.
Après 2000, le discours est devenu plus critique: certains auteurs ont remis en question non seulement les conditions de la recherche, mais aussi le cadre même du "développement" qui guide la production de connaissances, ainsi que la prédominance de paradigmes qui détournent la recherche ou révèlent des problèmes tels que la domination de genre.
En conclusion, le texte soutient que le principal défi consiste à reconstruire des communautés de recherche authentiques et autonomes, capables de produire des connaissances ancrées dans les réalités africaines, ouvertes à la communauté internationale et plus transformatrices sur le plan social.
Cet article est le n° 145 de la liste "Études et Travaux", publiée par Lasdel en avril 2026.
English
This article analyses the long-standing crisis in research for development in French-speaking sub-Saharan Africa since independence. It defines this crisis as a persistent structural imbalance that prevents research from meeting development needs and draws on a critical analysis of the scientific literature. It shows that initially, in the 1960s and 1970s, there was a prevailing hope for building research and training capacities despite challenges that were seen as teething problems.
Author(s) / editor(s)
About the author(s) / editor(s)
Abdourahmane (Rahmane) Idrissa is a political scientist fast embracing history. His doctorate in political science, with a concentration on democratisation and political Islam in Africa, was obtained at the University of Florida.

